LA MORT D’UN LION

Les frères de maquis vont et viennent….
Il est tombé là-bas, au pied de l’aqueduc. Les frères sont en deuil, tristes mais fiers de lui, il est mort comme un lion. Allez, amis, ne pleurez plus, il n’aurait sans doute pas aimé, et puis rappelez-vous, il a vécu mille vies aux flancs des batailles, des collisions de mots. Pendant ce temps, les succès damnés du show-biz sont collés au tourbillon gluant du tiroir- caisse, comme des mouches à merde amassant les pièces sans conviction. Je l’ai entendu l’autre jour, à la radio dans la bagnole, il venait d’être multi récompensé à ce truc machin chose. Il disait : « Les gens ont été très gentils, ils m’ont soulevé et porté en triomphe, j’ai soudain eu l’impression d’être un chanteur populaire ». Petite phrase qui en dit long sur la quête de BASHUNG, cette quête de l’essentiel, ce langage unique avec ses mots atmosphériques, ses images invraisemblables qui voyagent comme des météores et résonnent comme les cloches de mondes oubliés, associations incongrues, amas cartilagineux de pièces maîtresses, jamais futiles, plongeant sur le vertige. Il est vrai que la chanson française dans sa généralité, manque cruellement de cette sincérité, de cette prise de risque et disons-le, de profondeur. Dynamitez vos postes de télévision, passez à la tronçonneuse vos radios, le show-business y est omniprésent, avec sa logique simple, implacable, mercantile et pour atteindre ses objectifs, il ne manque pas de savoir-faire et ne recule devant rien. La pensée unique est là aux abois, elle broie la création et la dénigre sous prétexte qu’intelligence est synonyme de tristesse.Tous ces gens écoutent-ils vraiment les disques de leurs bêtes de somme lorsqu’ils rentrent chez eux ? J’en doute. Aucun Hamburger n’étouffera jamais son inventeur. Hé oui braves gens, votre argent a servi à construire des palaces, du fond desquels
certains producteurs et/ou chanteurs s’autorisent à parler de la misère humaine. Mais quand vous sortirez du rayon des paquets de lessive, vous tomberez sur les produits haut de gamme : BASHUNG, ANNEGARN, GAINSBOURG, NOUGARO, HIGELIN, THIEFAINE, COUTURE… et quelques autres, nous ont ouvert les portes d’un monde possible où vibrent les mots, les images, les couleurs, les sons et l’être.
La nuit je mens….Ainsi commence cette chanson de BASHUNG, mais du fond de cette nuit-là, mille feux brillent et brilleront longtemps encore. Une lumière dont les graines donnent des fleurs fertiles qui s’ouvrent sur nos fenêtres.Alors merci à toi happy apiculteur de nous les avoir offertes
Patrick JOUANNEAU from Marignane city (mars 2009)
LA NUIT JE MENS (Alain BASHUNG)
Sur l'album : FANTAISIE MILITAIRE - 1998
On m'a vu dans le Vercors sauter à l'élastique
Voleur d'amphores au fond des criques
J'ai fait la cour à des murènes
J'ai fais l'amour
J'ai fait le mort
T'etais pas née
A la station balnéaire tu t'es pas fait prier
J'etais gant de crin, geyser
Pour un peu, je trempais, histoire d'eau
La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens
Je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho.
J'ai fait la saison dans cette boite crânienne
Tes pensées, je les faisais miennes
T'accaparer, seulement t'accaparer
D'estrade en estrade
J'ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose
Un jour au cirque
Un autre à chercher à te plaire
Dresseur de loulous, dynamiteur d'aqueducs
¬
La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens effrontément
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho.
On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores au fond des criques
J'ai fait la cour a des murènes
J'ai fais l'amour
J'ai fait le mort
T'étais pas née
La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens, je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.
la nuit je mens...












